Friday, August 10, 2012

Casablanca


Les premiers pas dans un pays étranger sont toujours empreints d'un curieux mélange d'appréhension et d'émerveillement. Les pupilles dilatées malgré les 7h de vol et la nuit blanche en disent long sur la recherche de repères en cours de processus. De notre côté, c'est immanquable, nous comparons beaucoup d'éléments avec l'Inde, même si ce point de référence devrait normalement être considéré comme une extrême plutôt qu'une balise de normalité.

Qu'à cela ne tienne, notre parcours en train de l'aéroport jusqu'au centre-ville de Casablanca et de la gare jusqu'à notre hôtel se déroula avec une simplicité presque déconcertante. Les transports en commun sont efficaces, les gens parlent français, le trafic est bordélique certes, mais les marocains sont toujours au stade d'utiliser le klaxon pour une urgence ou pour invectiver un imbécile plutôt que pour signifier leur présence continuelle à l'entièreté de la population. Arrivés à l'hôtel, le constat est positif: tout s'est bien déroulé et nous nous sommes fait un peu avoir pour le prix du taxi tel que prévu!

Casablanca est une ville économique plutôt qu'une destination touristique. C'est pour cette raison que nous avons décidé de n'y passer qu'une nuit et de partir pour Marrakech le lendemain matin. Arrivés autour de 9h30 à l'aéroport, cela nous a laissé amplement le temps de visiter la medina, l'ancienne partie de la ville constituée d'un mélange d'habitations, de boutiques et de marchés publiques interconnectés par des rues labyrinthiques. Après avoir dérivé dans le doux bordel ambiant, nous avons débouché à deux pas de la mosquée Hassan II, supposément l'une des plus belles au monde et deuxième plus grande au monde après la Mecque. Étant fermée pour les visites à l'heure de notre arrivée pour cause du Ramadan, nous avons continué de flâner sur le chemin longeant la mer en observant les jeunes pêcher la moule et se baigner dans les vagues tumultueuses. Fait intéressant à relever, environ 70% de la population est constituée de jeunes de moins de 30 ans. Pour une population d'environ 4 millions d'habitants à Casablanca, cette statistique s'incarne dans une atmosphère vivante et agitée.

Sur le chemin du retour, nous avons observé les gens qui s'activaient à acheter les derniers éléments pour le repas quotidien de bris de jeûne suivant le coucher du soleil qui s'approchait à grand pas. De retour dans le quartier de notre hôtel, nous furent surpris de voir que les rues ou fourmillaient voitures et passants quelques heures plus tôt étaient désormais désertes!

Comme dit le proverbe, à Rome, on fait comme les romains! N'ayant pas manger de la journée, le ventre gargouillait allègrement le soir venus. La sieste de quelques heures en après-midi aida toutefois à soutenir le jeûne. En réalité, nous n'étions pas certains s'il était poli de manger en pleine de face de gens affamés et nous étions assez fatigués pour dormir une bonne partie de l'après-midi et ainsi facilement attendre de synchroniser notre appétit avec le reste de la populace. Comme premier repas, nous avons essayé le repas traditionnel du Ramadan, question de jouer le jeu jusqu'au bout: harira (soupe traditionnelle marocaine composée de pois chiches, tomates, épices et coriandre fraîche), oeuf cuit très\trop dur, dattes fraîches, pâtisseries sucrées au sésame et thé à la menthe. Bon, pas cher et bourratif. Maintenant dodo, prochaine étape: train pour Marrakech le lendemain matin.


From Maroc, 2012
From Maroc, 2012
From Maroc, 2012
From Maroc, 2012

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