Wednesday, August 15, 2012

Mirleft

Après la visite des lieux touristiques populaires, nous avons choisi de prendre une pause dans notre voyage et de venir faire la farniente dans le petit village de Mirleft, au sud d'Agadir. Mise sur la map grâce à une visite de Jimi Hendrix non loin de là dans les années soixante, les environs ont accueilli quelques hippies tombés sous le charme et y ayant élus domicile, tout en important un brin de leur culture dont celle du surf. À ce sujet, les vagues n'étaient pas à leur meilleur et les quelques surfeurs rencontrés semblaient attendre la vague parfaite un peu comme Brice de Nice!

Loin des plages bondées d'Agadir, notre séjour ici s'avère être des vacances dans le voyage. Le petit hôtel ou nous avons passé ces derniers jours se trouve isolé dans le creux d'une baie abritant, à part quelques bâtiments, une jolie plage ou les locaux et quelques touristes viennent se baigner, prendre du soleil et jouer au foot.

Ici, le temps est suspendu et cela fait notre bonheur. Nous avons pu conserver notre horaire quotidien, soit baignade, lecture et digestion de cuisine marocaine délicieuse. En fait, étant les uniques résidents de l'hôtel, nous avons reçus toutes les attentions de nos hôtes qui nous ont choyés des meilleures tajines dégustées jusqu'à maintenant. Tajine de dinde, de poulet, d'agneau et de keftas de sardines ont constitués nos repas des derniers jours.

Question de visiter un peu les environs, nous avons fait un peu de randonnée sur les collines longeant la plage et une autre journée, nous avons loué des mobylettes datant des années soixante pour aller visiter une plage plus au sud tout près du village de Sidi Ifni. La randonnée fut agréable, mais la route étroite, sinueuse et parsemée de nid de poules ne plus pas à tous, devinez qui, vous avez une chance sur deux d'une bonne réponse!

Comme à tous les soirs, nous buvons notre thé à la menthe sous le ciel étoilé en écoutant les vagues et ce soir, mettons le blogue à jour avant d'entreprendre le chemin vers notre prochaine et dernière destination portuaire: Essaouira.


From Maroc, 2012
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Ait Ben Haddou, Province de Ouarzazate

Afin de faire le trajet de Marrakech vers Ait Ben Haddou, nous avons emprunté le très efficace système d'autobus voyageurs desservant la plupart des grandes villes marocaines. C'est donc bien assis à l'air climatisé, baignés par la musique pop arabe, que nous avons franchi le Haut Atlas vers la province de Ouarzazate, la porte du Sahara.

La route était des plus sinueuses et le paysage grandiose. Autour de nous, les pics montagneux et les vallées arides étaient parsemés ici et là de petits villages accrochés à flanc de montagnes, souvent près d'oasis ou au printemps une rivière coule à flot en provenance des sommets enneigés.

Une fois la chaîne de montagnes franchie, les hautes températures frisant les 45 degrés à l'ombre refirent leur apparition et nous furent heureux d'être accueillis dans notre petit hôtel de style berbère muni d'une superbe piscine creusée, question d'avoir une petite touche moderne et désaltérante. Du à la saison morte, notre hôte nous annonça avec joie qu'il nous relocalisait dans rien de moins que la suite royale, charmant appartement avec terrasse offrant une vue parfaite sur l'ancien village berbère que nous étions venus visiter.

Le ksar d'Ait Ben Haddou, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est en fait un amas de maisons construites à flanc de montagnes et encerclés de murs fortifiés. À la porte du village se trouve le lit d'une rivière presque asséchée en été, mais intense en hiver et à la fonte des neiges. Autour de la ville, la verdure contraste avec le paysage désertique et on y voit plusieurs oliviers et dattiers chargés de fruits encore verts qui grilleront au soleil jusqu'à être gorgés de sucre en octobre-novembre. La ville comme telle est vieille d'environ 11 siècles et une marche à l'intérieur témoigne de l'ancien rythme de vie que pouvait avoir la population berbère, devenue sédentaire, qui y vécu jadis. Aujourd'hui, il reste une dizaine d'habitants à peine qui chargent quelques dirhams aux touristes pour visiter leur modeste demeure. Au sommet de la colline se trouve l'ancien agadir, grenier ou les semences étaient entreposées.

Si en regardant les photos, le site vous rappelle quelque chose, c'est qu'il a été le lieu de tournage de plusieurs films dont Lawrence d'Arabie, Gladiator et dernièrement, Alexandre et Babel. En fait, le hollywood marocains se trouve ici dans la province de Ouazazate, hébergeant deux studios de cinéma dignes de ce nom. Dans la ville de Ouarzazate et dans la kasbah de Taourirt, d'autres films tels Prince of Persia ont également été tournés.

Avant de migrer vers le sud, nous avons fait un arrêt pour visiter la kasbah de Ouarzazate et pris quelques photos. Notons que cette ville est beaucoup plus touristiques et avait des airs de Mont Tremblant par moment, avec ses cafés et terrasses. Ceci dit, en saison morte et du au Ramadan, presque tout était fermé. Nous sommes biens heureux d'avoir opté pour notre petit village tranquille, malgré les suggestions reçues à Marrakech.

Prochaine destination: la plage !!


From Maroc, 2012
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Saturday, August 11, 2012

Marrakech


Le trajet en train de Casablanca à Marrakech nous a permis d'observer au frais la hausse progressive de la température au fur et à mesure que l'on s'éloignait de la côte. Arrivés à la gare de Marrakech, nous avons pris un taxi afin de s'approcher de notre hôtel situé dans l'immense medina ou les véhicules ne peuvent circuler que sur quelques chemins périphériques. Encore une fois, on tente de négocier le prix du taxi afin de limiter l'abus et finalement, nous nous retrouvons à l'entrée de la medina sensée nous mener rapidement à notre hôtel! Facile comme tout? Ah mais non, le chauffeur nous a déposé à la porte correspondant au trajet de voiture le plus court, ce qui pour nous s'est avéré être la porte la plus éloignée de notre destination! Chargés de nos sac à dos, nous pénétrons dans les dédales et sommes rapidement accueillis par des gens qui veulent vraiment nous accompagner afin de nous aider à retrouver notre route. Mentionnons rapidement que les livres de voyage avertissent le touriste de ne pas se fier aux faux guides qui soit vous perdent ou vous mènent à destination, mais toujours en échange de quelques dirhams. Bref, nous signalons que tout va très bien et que nous n'avons pas besoin de guide et partons munis de notre petite carte approximative, le iPhone de Sacha et sa fonction GPS et un nouvel ami qui nous colle après. Après lui avoir répété à maintes reprises que nous n'avons ni argent, ni réel besoin de sa présence, il nous aide tout de même, maintenant accompagné d'un autre nouvel ami, à dénicher notre riad caché dans le fond d'un cul-de-sac assez difficile à trouver... Nous sommes heureux, ils le sont aussi. Nous lui offrons gentiment quelques dirahms (environ 3 euros, ce qui était conseillé dans le guide pour ce genre de service!) pour l'aide et hop, changement de ton soudain, les messieurs ne sont pas satisfaits et nous ordonnent de leur refiler 20 euros. Pour faire une histoire courte, pas question de jouer à ce jeux là: on argumente brièvement et la discussion s'est terminée pour eux avec Sacha qui leur claqua la porte du riad en bois massif à la figure, merci bonsoir. Accueil, prise deux: la femme à la réception semblait visiblement mal à l'aise pour nous, mais nous proposa de surclasser notre chambre pour une plus grande et nous servit un délicieux thé à la menthe sur le toit-terrasse. On repart à neuf, la vue sur la ville et les montagnes de l'Atlas au loin est splendide, le vent est chaud et sec, la petite piscine dans la cour intérieure nous fait des clins d'oeil, nous sommes biens et heureux.

Nous avons profité de nos journées à Marrakech pour se promener dans la medina, particulièrement bien aménagée pour résister à la chaleur intense avec ses allées couvertes de branches laissant filtrer la lumière tout en conservant la fraîcheur. La vieille ville fortifiée est composée encore une fois d'un labyrinthe d'allées étroites desquelles partent plusieurs petits chemins sans issus ou l'on retrouve habitations et riads. Le long des rues, les commerces foisonnent et à quelques endroits stratégiques, on retrouve des souks et des mosquées. Quoique nous nous fassions demander presque systématiquement par tous les marchands d'aller visiter leur boutique "juste pour voir, sans obligation d'acheter", nos baladent furent des plus agréables. À quelques reprises, nous avons négocié et acheté quelques trucs en prenant soin de négocier les prix. Ici, la négoce se termine souvent par le marchand outré faisant son théâtre afin de vous faire sentir coupable de lui avoir enlever quelques dirhams, même s'il s'en met visiblement plein les poches avec les touristes. Cependant, quelques marchands ont conclu la vente avec optimisme en nous offrant même un petit cadeau et à tout coup, il s'agissait de négoce ou l'on avait le plus gagner... Mentionnons aussi que ses vendeurs plus sympathiques portaient le djellaba et la longue barbe hirsute, contrairement aux vendeurs plus frustrés qui affichaient un look définitivement plus moderne. Bref, joyeux Ramadan à vous messieurs!

Notre seconde journée à Marrakech fut terriblement chaude, alors nous avons opté pour aller faire les patates dans une calèche qui nous a fait faire un petit tour de la ville, incluant une visite dans le jardin de Majorelle de Yves St-Laurent. Petit îlot de fraîcheur tout à fait charmant.

À tous les jours, nous aboutissions immanquablement à la place Jamaa El Fna, marché publique historique de Marrakech. On y trouve tout le nécessaire côté bouffe: kiosques offrant jus d'orange frais ou encore grillades, tête de mouton bouillie et trippe de boeuf, restos et cafés offrant tajines, café et thé. D'autre part, on y voit plusieurs charmeurs de serpents jouer de la flûte pour faire danser les cobras, vendeurs de babioles multiples, dompteurs de singes, berbères en habit traditionnel voulant se faire prendre en photo, le tout traversé par motos, piétons, taxis, calèches. Le soir venu, en cette période de Ramadan, les gens sortent massivement dans les rues suivant le coucher du soleil et la place se transforme en véritable fourmilière. Pendant la journée, les rues sont surtout parcourues par les hommes, mais le soir venu, des centaines de femmes arpentent rues et commerces afin de dénicher des habits propres pour fêter la fin du Ramadan approchant à grands pas. C'est un peu comme la période des Fêtes pour nous ou tout le monde se met chic pour aller visiter la famille.

Dans son ensemble, nous pouvons résumer notre séjour à Marrakech par une routine particulièrement rude: déjeuner (incluant le meilleur yaourt jamais mangé à vie), balade dans les souks, retour au riad, baignade, lecture et sieste, sortie le soir, bouffe, café ou thé à la menthe, retour au riad, baignade, lecture et dodo. Nous envisageons soutenir ce rythme de vie exigeant encore quelques temps malgré les transitions dans les autres villes.

Prochaine destination: province de Ouarzazate et village de Ait ben Adou avec ses kasbahs vieilles de 11 siècles.


From Maroc, 2012
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